Comment le numérique peut-il transformer votre entreprise et accélérer la transition vers une économie circulaire ? Ce témoignage, extrait du livre blanc "Du concept à la pratique : cinq leviers technologiques pour une économie circulaire", illustre cette dynamique dans le cadre des stratégies Digital Wallonia et Circular Wallonia.
PAUL, c’est une enseigne française de boulangerie-pâtisserie née en 1889, aujourd’hui présente dans une cinquantaine de pays avec plus de 850 points de vente. En Île-de-France, Diana Griguer dirige depuis 25 ans la première société franchisée PAUL en France. Elle y gère aujourd’hui une dizaine de boulangeries, solidement ancrées dans le quotidien des habitants.
Mais derrière les viennoiseries dorées et les pains traditionnels, la gestion de l’enseigne suppose aussi d’importantes opérations logistiques : ouvertures, rénovations et parfois fermetures de magasins. "À chaque fois, la même question se pose : que faire de tout ce matériel encore en état, mais devenu inutile pour nous ? ", raconte-t-elle.
Entre décoration, mobilier massif, fours professionnels ou luminaires, la liste est longue. Trop longue, en réalité, pour gérer seule leur revente ou leur réemploi. "Mettre deux ou trois machines sur la plateforme Leboncoin, c’est faisable. Mais 280 articles d’un coup, ça devient un métier. Et ce n’est pas le mien."
Le déclencheur. La fermeture d’un magasin
C’est en orchestrant la fermeture d’un point de vente de 250 m² que Diana découvre CircularPlace. "J’avais la volonté de donner une seconde vie à notre matériel, mais je n’avais ni le temps ni le réseau pour le faire efficacement. CircularPlace a tout pris en charge : inventaire, photos, fiches techniques, mise en ligne. En une intervention, ils ont scanné le magasin du distributeur de savon jusqu’aux fours à pain."
Grâce à l’intelligence artificielle intégrée à la plateforme, chaque équipement se voit associé à une description précise, une fiche technique et même une suggestion de prix en fonction de son état. "C’est bluffant. Pour un professionnel, ces détails sont essentiels : savoir si la machine passe la porte, son poids exact, sa consommation… Cela évite les mauvaises surprises."
Une plateforme pensée pour les professionnels
CircularPlace ne se contente pas de répertorier. En effet, la plateforme met en relation directe avec des acheteurs potentiels, souvent des revendeurs ou des reconditionneurs habitués à ce type de matériel. "Ce que j’ai adoré, c’est le gain de temps. Pas de coups de fil incessants ni de visites inutiles. J’ai reçu des offres fermes, parfois sans même de contre-visite."
Autre atout : la dimension logistique. CircularPlace travaille avec un réseau de transporteurs capables de démonter et d’enlever tout un lot d’équipements en une fois. "Pour moi, c’était primordial : je voulais céder le maximum d’articles d’un coup, pas du picking au compte-goutte. "
Des résultats concrets
Au-delà de l’aspect financier, l’apport de CircularPlace tient surtout à la simplicité et au temps gagné. "Seule, j’aurais sans doute pu vendre certains équipements un peu plus cher, mais cela m’aurait demandé des semaines de travail. Ici, tout est pris en charge et centralisé."
Diana insiste sur la valeur d’usage retrouvée de ces biens. "Ce qui compte, c’est de savoir que le matériel va continuer à servir, que ce soit dans une autre boulangerie, chez un professionnel du reconditionnement ou même au sein d’une association lorsqu’il n’a plus de valeur marchande."
L’expérience illustre parfaitementle lien entre business et circularité : une démarche qui permet de réduire ses coûts et de gagner en efficacité, tout en créant un bénéfice collectif. "Je crois beaucoup à la méthode des petits pas : chaque équipement sauvé du gaspillage est une ressource de moins jetée, une dépense évitée pour un autre, et une preuve qu’on peut tous contribuer à une économie plus responsable."
Donner l’exemple pour avancer
Pour Diana, l’essentiel est de montrer que la circularité est possible, même dans un secteur exigeant comme la restauration. "Il faut se lancer pour essayer. Le premier exercice est parfois compliqué, il demande du temps et de l’investissement, mais il en ressort toujours de bonnes pratiques."
En tant que première franchisée PAUL en France, elle voit aussi son rôle comme celui d’un exemple à suivre. "Mon message, c’est de montrer aux autres commerçants et franchisés qu’il existe des solutions. Chacun trouvera la formule qui lui convient, mais cette expérience montre qu’on peut conjuguer efficacité économique et bénéfices pour la société. "