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Publié le 4 juin 2025

Thématiques associées : Economie Circulaire

Comment le numérique peut-il transformer votre entreprise et accélérer la transition vers une économie circulaire ? Ce témoignage, extrait du livre blanc "Du concept à la pratique : cinq leviers technologiques pour une économie circulaire", illustre cette dynamique dans le cadre des stratégies Digital Wallonia et Circular Wallonia.

Créée en 1980 à Liège, Fleur Service Social met en place des actions concrètes pour soutenir les personnes en situation de précarité et leur offrir des solutions adaptées à leurs besoins. Ses missions s’articulent autour de trois axes majeurs : le logement, l’insertion par le travail et l’aide aux personnes sans-abris.

Depuis 2014, l’association fait partie du Groupe Terre et occupe aujourd’hui une trentaine de travailleurs.

Au fil du temps, ses actions se sont enrichies d’une dimension environnementale forte, avec la collecte, le tri et le réemploi d’objets du quotidien. Chaque année, des milliers de meubles, textiles, jeux, livres ou vaisselle sont récoltés, remis en état puis redistribués dans des magasins de seconde main ouverts à tous. "Notre mission est à la fois sociale et environnementale : aider les ménages fragilisés tout en donnant une seconde vie à des biens encore utiles", explique Jérôme Vanmeerbeek, directeur de l’ASBL.

Un secteur en quête d’outils adaptés


Le secteur du réemploi est reconnu par la Région wallonne et encadré par un agrément spécifique. Cet agrément impose des obligations strictes en matière de traçabilité, de suivi des flux et de reporting. Chaque kilo collecté doit être enregistré, catégorisé et tracé jusqu’à sa destination finale, qu’il s’agisse de réutilisation, de recyclage ou d’élimination.

"Avant, nous travaillions avec une mosaïque d’Excel, de logiciels maison ou de solutions obsolètes. Chaque ressourcerie bricolait son propre système. Résultat : beaucoup de pertes de temps, une grande fragilité technique et aucune vision globale", se souvient Jérôme Vanmeerbeek.

Pour répondre à ces défis, la Fédération Ressources, qui représente les entreprises sociales et circulaires actives dans la réutilisation des biens et des matières en Wallonie, a lancé un vaste projet de digitalisation. Objectif : créer un outil commun capable de couvrir l’ensemble des besoins du secteur.

Odoo comme colonne vertébrale

Après un travail collectif de plusieurs années : cahier des charges, appels d’offres, phases pilotes; c’est l’ERP Odoo qui a été retenu. Fleur Service Social a fait partie des trois entreprises pilotes chargées de tester et d’adapter la solution.

La mise en place n’a pas été un long fleuve tranquille : différences de langage et difficultés techniques ont jalonné le parcours. "Le chemin a parfois été ardu, mais nous sommes convaincus d’avoir fait le bon choix. Aujourd’hui, Odoo nous permet de gérer l’ensemble de nos activités de réemploi de manière intégrée et cohérente", souligne Jérôme Vanmeerbeek.

Concrètement, l’outil couvre toute la chaîne, de la collecte à la remise en rayon :

  • suivi des demandes de collecte via un CRM ;
  • planification des tournées et optimisation des trajets ;
  • enregistrement des tonnages collectés par catégorie ;
  • gestion des stocks entrants et sortants ;
  • traçage précis jusqu’aux points de vente ;
  • reporting obligatoire pour l’agrément régional.

Des résultats concrets et partagés


Aujourd’hui, les bénéfices sont bien visibles. Grâce à Odoo, les données sont centralisées et exploitables en temps réel, ce qui apporte un gain de temps considérable et une fiabilité accrue dans la gestion quotidienne. La traçabilité des flux, de la collecte jusqu’au point de vente, est désormais assurée de manière fine, ce qui facilite le reporting exigé par la Région wallonne.

Mais l’impact dépasse les frontières de Fleur Service Social. Avec la création de la coopérative SOORS par la Fédération RESSOURCES, l’outil est désormais mutualisé et peut être déployé auprès d’autres opérateurs de l’économie sociale et circulaire. Cette mise en commun permet d’accéder à une solution performante, qui aurait été hors de portée pour chaque acteur isolé.

Enfin, Odoo permet d’aller plus loin : outils de caisse intégrés, un site web qui renforce la visibilité de l’association et une plateforme e-commerce qui ouvre l’accès au réemploi en ligne. Autant de leviers qui renforcent la professionnalisation du secteur et assurent l’avenir des magasins de seconde main.

Un message pour les autres entreprises


Avec le recul, Jérôme Vanmeerbeek souligne l’importance de ce choix : "La digitalisation demande du temps, de l’énergie et des compromis. Mais c’est un investissement nécessaire. Aujourd’hui, nous avons un outil robuste, partagé et évolutif, qui nous permet d’aller plus loin dans notre mission sociale et environnementale."

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