La soirée de lancement de l’Institut belge du Numérique Responsable a eu lieu le 21 octobre avec le soutien de Digital Wallonia. L’événement s’est déroulé dans le cadre de La Semaine Numérique et du Salon EvoluTIC à Namur, dont le thème commun était la réduction de l’empreinte environnementale du numérique

De son nom officiel, le "Belgian Institute for Sustainable IT" ou "Institut belge du Numérique Responsable" ambitionne de structurer les différentes actions de responsabilisation sociétale et environnementale autour de nos usages numériques, et d'en faire évoluer les pratiques pour réduire leurs impacts négatifs.

Deux enjeux clés du numérique responsable :

  • l'utiliser pour réduire l'empreinte environnementale de l'humanité et résoudre plus de problèmes sociétaux et économiques ;
  • créer grâce à lui de la valeur durable et innover de façon responsable.

Trois thèmes majeurs d'action:

  • le Green IT : informer, sensibiliser et favoriser des pratiques plus vertueuses afin de réduire l’empreinte environnementale du numérique;
  • l'IT for Green : mettre le numérique au service du développement durable, entre autres maximiser la capacité du numérique à réduire l'empreinte environnementale dans d'autres domaines comme l'énergie, les transports, etc.;
  • l'IT for People : aider à réduire la fracture numérique, favoriser l'inclusion sociale et digitale, améliorer les conditions de travail y liées.

Le Green IT


L'empreinte environnementale de nos outils numériques (cloud, télévisions, smartphones, objets connectés, capteurs, infrastructures, …) ne cesse d'augmenter. Grand pollueur encore souvent méconnu, le numérique émettait déjà plus de gaz à effet de serre que l'aviation civile avant la crise Covid-19, et augmente de 9% par an. Il requiert aussi des quantités énormes de ressources naturelles, dont les fameux métaux rares. Leur extraction et leur purification nécessitent beaucoup d'énergie et de produits chimiques, polluant au passage nombre de cours d'eau et de nappes aquifères.

Mais le grand public a commencé à prendre conscience de cette problématique et à entamer des actions permettant d'en réduire les effets négatifs. Le politique s'est également approprié de cette thématique, néanmoins le travail de fond reste à accomplir.

Les entreprises, grandes consommatrices d’informatique, tout comme les associations et les pouvoirs publics, peuvent donc réduire l’empreinte environnementale de leurs structures informatiques, mais ont besoin d'être accompagnées pour entamer ce processus de la meilleure manière qui soit. Peu d'acteurs belges ont les compétences requises pour ce faire et leurs services, souvent onéreux, peuvent freiner plus d'un candidat à entamer de telles démarches. Mais peu d'entreprises ont réellement conscience de l’impact du numérique et donc du fait que des acteurs existent pour les aider, et encore moins de l'avantage compétitif que cela pourrait leur procurer.

L'IT for Green


De nombreuses PME wallonnes sont déjà actives dans ce domaine, pour la plupart regroupées au sein des Clusters Cluster Tweed et INFOPOLE Cluster TIC. Il s'agit d'un domaine où la Wallonie a beaucoup à gagner de par sa position centrale en Europe, son multiculturalisme, sa productivité au sens large. Néanmoins, c'est aussi un domaine où la compétition est rude. Se faire reconnaitre dans un contexte plus large de Numérique Responsable sera un atout supplémentaire pour leur compétitivité européenne, en particulier dans le cadre du Green Deal. Mais, à court terme, beaucoup d'entreprises ne mesurent pas encore la valeur ajoutée de ce contexte plus large.

De plus, permettre à nos entreprises actives dans l'IT for Green de mesurer et mettre en avant l'efficacité environnementale de leurs services IT internes leur apportera un complément logique dans une communication environnementale plus large : offrir de tels services numériques sans être soi-même exemplaire pourrait devenir compliqué dans le cadre de nombreux appels d'offres, de plus en plus exigeants. Obtenir le label numérique responsable, porté par l'Institut du Numérique Responsable au niveau européen, sera à terme un différenciateur. Les grands acheteurs, que ce soient les grandes entreprises ou les pouvoirs publics, leur laisseront de moins en moins de marge à ce sujet.

L'IT for People


Au-delà de l’empreinte purement environnementale du numérique, l’ISIT a également l'ambition de réunir les acteurs qui veulent sensibiliser et faire évoluer mentalités et comportements afin de combattre l’impact négatif que peut avoir le numérique sur la fracture sociale ou sur des paramètres économiques.

Cela peut, a priori, paraître étonnant qu’une association qui promeut le numérique responsable s’engage sur le terrain de l’inclusion numérique, de l’impact sociétal, voire même de l’éthique. Mais tout cela se tient.

Ces acteurs sont en fait nombreux en Wallonie et à Bruxelles, mais peu connus et reconnus, singulièrement par les entreprises. Beaucoup d'entre-elles pensent qu'il s'agit là de domaines sur lesquels elles n'ont pas d'emprise directe autre que philanthropique. Cependant, au travers de leurs usages numériques, chaque organisation peut faire évoluer bien les choses; que ce soit l'égalité des genres dans leur propre service informatique, la réinsertion professionnelle ou sociale dans des ateliers de reconditionnement de leurs équipements numériques, la création d'emplois en Wallonie en choisissant attentivement leurs partenaires de gestion des DEEE, le choix de fournisseurs en fonction des conditions de travail dans les mines de métaux rares ou dans les usines de fabrication des équipements…

Le réseau d’actions de tous les acteurs est donc complémentaire à celui de l'Institut. Travailler de concert garantira davantage de résonance et permettra d'ouvrir des portes, d'avoir une réflexion plus large, d'avoir davantage de poids.

Dossier Green Deal européen et numérique


A quatre mois d’intervalle, la Commission européenne a publié trois stratégies sur l’écologie (le Green Deal), le numérique et l’industrie. Elles sont liées et ont pour objectifs la neutralité climatique et le leadership numérique de l’Europe. Décryptage et vision par l’AdN dans le cadre de Digital Wallonia en trois parties :