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Publié le 9 novembre 2025

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Lancé en 2020, HECO₂ réunit les quatre plus grands acteurs industriels de Wallonie : Aperam (acier), Carmeuse (chaux), AGC (verre) et Prayon (chimie) autour d'un objectif commun à savoir transformer leurs procédés pour réduire durablement leur empreinte carbone. À leurs côtés, des leaders technologiques comme John Cockerill et un consortium de PME innovantes apportent leur expertise en ingénierie, procédés et technologies bas carbone.

Une mobilisation majeure de l'écosystème industriel wallon


Ensemble, ces partenaires, soutenus par des centres de recherche tels que le CRM Group et Materia Nova, et les universités représentent 24% des émissions industrielles de CO₂ en Wallonie, plus de 6 000 emplois directs et près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

"L'ambition de HECO₂ est de rassembler des compétences issues de différents secteurs pour développer de manière cohérente les technologies nécessaires à la décarbonation de l'industrie", résume Philippe Stégen, Sustainable Energy Ecosystem Manager au Pôle MecaTech.

Soutenu par la Région wallonne, le projet repose sur une approche transversale, combinant innovation technologique et mise en œuvre industrielle, organisée selon cinq axes structurants.

Cinq axes technologiques pour une industrie bas carbone


L'axe 1 "Électrification des procédés" a pour objectif de substituer progressivement les énergies fossiles par l'électricité dans les procédés à haute température. Chez AGC, un démonstrateur de fusion partielle du verre par électrodes électriques doit permettre de remplacer une partie des flammes au gaz naturel. Aperam teste pour sa part un système de chauffage électrique de brames d'acier sur un four industriel. Un nouveau concept de four chauffé 100% électriquement est également en cours de finalisation.

L'axe 2 "Electrolyse" réunit notamment John Cockerill, CRM Group et Materia Nova, vise à produire de l'hydrogène vert à moindre coût. Les équipes développent un électrolyseur containerisé tout en testant de nouveaux matériaux pour améliorer la durabilité des électrodes et réduire la dépendance aux métaux critiques.

L'axe 3 "Plasmalyse hybride" vise à produire un hydrogène dit turquoise à partir de gaz de mine ou de biométhane, en récupérant le carbone sous forme solide. "Ce procédé permet non seulement de produire de l'hydrogène bas carbone, mais aussi de valoriser le carbone sous forme de poudre, utile pour d'autres industries ", précise Philippe Stégen. Un pilote pré-industriel d'une capacité d'environ 1 000 tonnes d'hydrogène par an est actuellement en préparation.

L'axe 4 "Projet Butterfly" mené en collaboration avec Carmeuse. Il illustre les premiers résultats concrets de capture du CO₂ : un pilote de four à chaux à l'échelle 1/10, inauguré en septembre 2025, affiche déjà 90% de capture des émissions.

L'axe 5 "Saturn" développe une solution mobile de capture du CO₂ testée successivement chez Aperam, AGC, Carmeuse et Prayon. "La capture du CO₂ est devenue un pilier de la transition industrielle. Des projets comme Butterfly ou la technologie innovante d'ARK, développée en partenariat avec Aperam, montrent concrètement qu'il est possible de faire de la réduction des émissions de CO₂ de véritables opportunités industrielles", souligne Dominique Pierard, directeur général de GreenWin.

Du pilote à l'usine. Franchir le cap industriel et numérique


Au-delà de la recherche, HECO₂ marque une étape décisive vers l'industrialisation des technologies bas carbone. Plusieurs pilotes, déjà testés à l'échelle 1/10, s'apprêtent à être déployés en conditions réelles dans les usines partenaires.

"Nous sommes arrivés à un stade où les industriels disent : ça fonctionne, mais il faut désormais les infrastructures pour passer à l'échelle", explique Philippe Stégen. L'électrification des procédés chez AGC et Aperam, la capture mobile de CO₂ du projet Saturn, ou encore les tests d'hydrogène turquoise de la plasmalyse hybride constituent autant de jalons vers une production à grande échelle.

La numérisation, pilier de la décarbonation

Cette montée en puissance s'accompagne d'une numérisation croissante des procédés : outils de simulation pour anticiper et analyser le comportement des matériaux, technologies permettant d'ajuster les paramètres en temps réel, d'optimiser les performances et de sécuriser les opérations.

"La transition numérique est un pilier nécessaire à la décarbonation", insiste Anthony Van Putte, directeur de MecaTech. "Sans mesure, sans données fiables et sans modélisation, les améliorations durables sont beaucoup plus difficiles à atteindre."

Une synergie intersectorielle au service de la transition


HECO₂ démontre qu'une approche collective et intersectorielle, appuyée sur la donnée et les outils numériques, peut accélérer la transition industrielle. En reliant sidérurgie, chimie, verre et chaux, le projet crée des synergies inédites entre filières.

"C'est tout l'intérêt de cette démarche », conclut Dominique Pierard : « rassembler des acteurs qui ne travaillaient pas forcément ensemble pour bâtir des solutions communes à grande échelle."