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Publié le 13 septembre 2018

Le digital transforme notre société en profondeur ! Le monde du travail, l’enseignement ou encore la citoyenneté sont confrontés à la nécessité d’intégrer la culture numérique. L’Agence du Numérique propose un état des lieux des enjeux relatifs au développement de compétences qu’il faut relever.

Pourquoi développer les compétences numériques des Wallonnes et des Wallons?


Pourquoi se préoccuper du développement des compétences numériques des citoyens (qu’ils soient élèves, étudiants, salariés, demandeurs d’emploi, indépendants, enseignants, formateurs, pensionnés, handicapés, etc.) tout au long de leur vie en Wallonie ?

Parce que, selon :

  • l'Europe, 44.5% des européens ont des compétences numériques lacunaires et 42% d’entre eux sont au chômage ;
  • Agoria, la Fédération du secteur technologique:

Mais également et surtout, pour des raisons culturelles et sociétales, parce qu’il devient difficile de vivre, travailler et s’épanouir dans nos sociétés modernes, où le numérique est omniprésent, si on n'en maîtrise pas le langage et les "codes". "Apprendre à coder pour ne pas être programmé", le slogan de l'opération #WallCode, est donc un appel pour devenir (ou rester) des citoyens actifs, consommateurs éclairés, travailleurs polyvalents, capables de s’adapter et de maintenir, voire d’augmenter, leur employabilité.

"Jusque dans les années 1970, nos sociétés avaient besoin d’ingénieurs, aujourd’hui elles ont besoin d’ingénieurs informaticiens!", martèle Hughes Bersini, membre de l'Académie royale des sciences. En outre, les sciences informatiques font aujourd'hui partie intégrante de la culture scientifique que tous citoyens devraient recevoir. Au même titre que nous avons toutes et tous appris les oxydo-réductions à l’école, sans pour autant nécessairement devenir chimiste, il serait utile et nécessaire que tous les élèves, à un moment ou à un autre, dans leur parcours d’apprentissage, aient un accès, une ouverture vers cette discipline à part entière.

Les sept enjeux du développement de compétences numériques:


  1. Faire entrer tous les citoyens wallons dans la CULTURE numérique.
  2. Enseigner AVEC (AU et PAR) le numérique.
  3. Stimuler les vocations informatiques.
  4. Améliorer l'adéquation de la formation initiale et continue aux besoins.
  5. Favoriser la mise ou la remise à l’emploi grâce aux compétences numériques.
  6. Lutter contre la fracture numérique.
  7. S'adosser au référentiel européen DigComp.

Enjeu 1 : Faire entrer tous les citoyens wallons dans la CULTURE numérique

Faire entrer tous les citoyens wallons dans la culture numérique, afin que chacune et chacun puisse s'y épanouir et que personne ne reste sur le bord de la route, est un enjeu sociétal majeur!

Peut-être ne vous sentez-vous pas concernés, mais que vous le veuillez ou non, vous faites partie de cette culture numérique! En effet, peut-être n'avez-vous jamais joué aux jeux vidéo, mais vous avez certainement un avis sur la question, vous n’avez jamais été sur YouTube mais vous en avez déjà entendu parler, vous n’avez pas d’ordinateur connecté à Internet mais vous avez déjà fait un achat en ligne ou effectué une réservation grâce à un voisin, un ami, un proche… VOUS faites partie de cette culture imprégnée de numérique!

La culture numérique est au cœur de la culture de nos sociétés et les sciences informatiques font parties intégrantes de la culture scientifique que tous les citoyens devraient recevoir #CQFD

Quelles compétences numériques pour tous? Littératie numérique et logique algorithmique !

Faire monter en compétences numériques l’ensemble de la population ne signifie pas que tous les citoyens doivent devenir informaticien et apprendre à programmer pour vivre, travailler et s'épanouir! Il s'agit plutôt de mettre en place une sorte "d'Humanités numériques" comprenant:

  • la littératie numérique :
  • la logique algorithmique : les algorithmes sont partout! Du moins dans la plupart des activités qui ont des règles et pour lesquelles il y a une séquence à suivre. S'en soucier est donc devenu un enjeu citoyen et les comprendre une nécessité pour mieux tirer parti des outils qui nous entourent. Conduire une voiture n’implique pas d’être mécanicien, mais en comprendre le mode de fonctionnement aide à ne pas martyriser la mécanique. De même, les assistants virtuels et autres interfaces intelligentes avec lesquelles on peut dialoguer commencent à coloniser notre quotidien. Elles apprennent de nous et augmentent la pertinence de leurs réponses au gré des échanges. Pour en tirer profit, il faut les "nourrir" correctement et avoir compris leur mode de fonctionnement, qui repose sur la logique algorithmique.

Agoria confirme cette priorité citoyenne car c'est en élargissant la base de la pyramide, c'est-à-dire en faisant entrer tous les citoyens dans la culture numérique, que le nombre de candidats/vocations pour les filières de formation IT spécialisées augmentera. Le numérique pour tous est donc la condition de l'excellence!

Découvrez:

Enjeu 2 : Enseigner AVEC (AU et PAR) le numérique

Il s’agit de faire entrer notre système éducatif, c’est-à-dire la formation initiale (enseignement maternel, primaire, secondaire, qu’il soit général, technique ou professionnel, supérieur ou encore spécialisé), dans le XXIème siècle! Un des enjeux majeurs auquel est confronté notre système éducatif est d'enseigner au et par le numérique (c'est-à-dire avec) de manière transversale dans tous les domaines disciplinaires !

Eduquer AU numérique

"Enseigner le numérique" renvoie à l’enjeu sociétal de faire entrer tous les citoyens dans la culture numérique (cf. enjeu 1), au minimum en éduquant les jeunes à la littératie numérique (bureautique et éducation aux médias) et à la logique algorithmique (même dans le cours de français c’est possible !). Bien que transversale, l’éducation « AU » numérique nécessite de s’ancrer dans un cours dédié (sans quoi elle risque de ne pas être prise en charge de manière suffisamment systématique et rigoureuse), à l’image de l’apprentissage de la langue maternelle, compétence la plus transversale de toutes, qui nécessite néanmoins partout dans le monde, un cours dédié !

Les vertus pédagogiques de l'initiation aux sciences informatiques, à la logique algorithmique et aux langages de programmation sont nombreuses :

  • Pédagogie active, créativité et plaisir. Par définition la programmation s’apprend en faisant (learning by doing). La logique algorithmique, c’est-à-dire le séquençage d’actions, vise le plus souvent à résoudre des problèmes complexes en décrivant précisément les étapes successives de manière à pouvoir être ensuite automatisées sur un ordinateur. La résolution de problèmes, qui est une forme de pédagogie active, est dans l’ADN de la pensée informatique. Par ailleurs, travailler à des réalisations concrètes orientées résolution de problèmes (programmer un robot pour arroser les fleurs, créer son propre jeu ou son application mobile, etc. ) génère un véritable sentiment de satisfaction et booste la motivation. Enfin, les outils disponibles aujourd’hui permettent à tout un chacun de développer lui-même à moindre frais, voire gratuitement, des logiciels, des jeux, etc.
  • Structuration et rigueur de la pensée. Un algorithme est une suite finie et non-ambiguë d’instructions permettant de donner la réponse à un problème. La logique algorithmique permet donc de raisonner en réduisant la résolution d’un problème en une succession de tâches simples qui peuvent être automatisées. Cependant, si les sciences informatiques sont proches des mathématiques par leur aspect logique, le raisonnement qui les sous-tend est foncièrement différent d’une démarche de calcul.

Notons enfin que, en matière d'éducation aux médias, fermer l’école aux smartphones, c’est notamment se priver de l’opportunité d’accompagner les jeunes dans le développement d’usages matures, c'est-à-dire socialement acceptables et responsables, sur les réseaux sociaux . C’est reporter le problème à la maison, où les mieux entourés s’en sortiront mieux, pendant que d’autres apprendront (ou non) à leur dépend ce qu'il convient de faire ou pas. Sans parler de l'utilisation pédagogique qu'il est possible de faire des smartphones des élèves en classe (ou BYOD - Bring Your Own Device), afin d'effectuer une recherche, partager une information, dialoguer, etc.

Enseigner PAR le numérique

« Enseigner PAR le numérique », renvoie à l’utilisation de ressources et outils numériques pour enseigner, c'est-à-dire pour accompagner les processus d’apprentissage et créer les conditions dans lesquelles les élèves apprennent.

Mais attention, les pédagogies mises en oeuvre tiennent moins aux outil mobilisés qu’à la manière dont ils sont utilisés. Développer des usages numériques pertinents, faire évoluer ses pratiques pédagogiques, voire changer de posture, passe par un processus d’acculturation au numérique et de ré-appropriation des outils et processus, qui nécessite du temps et implique formation, accompagnement et collaboration entre pairs. Par ailleurs, le principe de diversification (des approches pédagogiques et des supports d’apprentissage) reste d’actualité, car à vouloir trop bien faire, on fait parfois pire que bien…

Le Pacte pour un enseignement d'Excellence prévoit de compléter le plan d'équipement régional wallon Ecole numérique avec les ingrédients pédagogiques nécessaires, qui sont de sa responsabilité, car l'infrastructure matérielle est une condition essentielle mais totalement insuffisante, il faut également:

  • former (adapter la formation initiale et continue) et surtout accompagner les enseignants et les futurs enseignants pour enseigner AVEC le numérique;
  • au-delà du matériel, fournir aux enseignants les ressources pédagogiques (contenus numériques, logiciels et didacticiels) dont ils ont besoin pour enseigner;
  • animer les communautés de pratiques afin de favoriser une culture de la collaboration, la mutualisation de ressources et l'échange de bonnes pratiques;
  • etc.

Le chantier est en cours...

Découvrez les acteurs et initiatives:

Enjeu 3 : Stimuler les vocations informatiques

Les Universités et Hautes Ecoles sont confrontées à un problème d’orientation vers les filières informatiques alors même que, d'après Agoria, 16.000 postes restent vacants en Belgique dans le secteur IT (sans parler de la transformation digitale des métiers).

Cette pénurie de vocation découle directement de l'enjeu précédent ! En effet, faute de véritables cours dédiés "AU" numérique dans l'enseignement obligatoire (où même les rares cours "option informatique" sont le plus souvent des cours de bureautique), de moins en moins d’étudiants et surtout d’étudiantes s’orientent vers ces filières. Les élèves sortent du secondaire avec une idée erronée des sciences informatiques et de leurs débouchés, voire avec pas d’idée du tout, laissant place à la perpétuation des stéréotypes liés aux métiers de l’informatique.

Découvrez:

Les promesses du Pacte pour un enseignement d'Excellence

Le Pacte pour un enseignement d'Excellence semble avoir pris la mesure des enjeux. Les nouveaux référentiels de compétences en cours d'élaboration, dans le cadre de la réforme du tronc commun, et les nouveaux programmes de cours qui en découleront devraient intégrer les compétences numériques au sens large, incluant les sciences informatiques, la logique algorithmique et les langages de programmation, en ne se limitant dès lors pas à la seule littératie numérique (éducation aux médias et bureautique). Dans la foulée, une réforme de la formation initiale des futurs enseignants et une refonte des programmes de formation continue des enseignants devraient intégrer les nouvelles exigences programmatiques. Le process est en cours mais nécessite encore du temps...

Opération #WallCode : "Apprendre à coder pour ne pas être programmé"

C’est pourquoi, en attendant de voir les effets du Pacte, la Wallonie a mis en place l’opération WallCode.be, afin d’initier les jeunes dès le plus jeune âge aux sciences informatiques, à la logique algorithmique et aux langages de programmation.

WallCode vise en fait deux objectifs principaux:

  1. Initier les jeunes, afin qu'ils montent en compétences et découvrent les métiers du numérique, via des initiations:
  2. Sensibiliser et former les enseignants et futurs enseignants, via:

Sans oublier Algo-Bot, jeu vidéo d'initiation aux langages de programmation, téléchargeable gratuitement sur PC !

Retrouvez:

Enjeu 4 : Améliorer l'adéquation de la formation initiale et continue aux besoins

Cet autre enjeu majeur est lié à la transformation digitale des métiers et l'évolution des compétences à développer. Adapter l’offre de formation aux besoins du monde du travail concerne tant les métiers informatiques que l’ensemble des métiers, impactés de manière transversale par le numérique, comme le démontre la prospective métiers menée par le Forem, ainsi que l'étude très fouillée d'Agoria "Shaping the futur of work" qui montre notamment que:

  • 4,5 Millions de travailleurs sont en activité en Belgique et doivent mettre à jour leurs compétences et les compétences numériques prennent de la valeur;
  • 310.000 personnes sont dans la "danger zone" et devront se reconvertir vers les compétences numériques rapidement dans un délais de 6 mois à 1,5 an! Cela concerne surtout les ouvriers manuel non qualifié, les caissiers et guichetiers et les employés administratifs;
  • Au final 3,7 nouvelles offres d’emploi seront disponibles par offre d’emploi qui disparaîtra et il y a déjà beaucoup de postes vacants surtout dans le secteur technologique où la demande main d’œuvre très qualifiée est importante;
  • L’enseignement (avec la santé et les services) fait également partie des secteurs où la demande de profils upgradés avec des compétences numériques est la plus forte en raison de leur rôle dans la construction des compétences qui seront disponibles dans le futur;
  • En 2021 l’offre de main d’œuvre sera inférieure à la demande alors que jusqu’ici la main d’œuvre potentielle avait toujours dépassé le besoin… Ainsi en 2030, 11% des postes vacants en Belgique (et 7% en Wallonie) risquent de ne pas être pourvu.

Enfin, l'adaptation de l'offre de formation concerne tant le fond (les compétences visées) que la forme de l'offre de formation (les modalités d'apprentissage), afin de suivre l’évolution des modes de consommation (de l’information et de la formation).

L'importance des compétences transversales

Il nous faut cependant dédramatiser la situation car il serait faux d'affirmer que tous les travailleurs (ou futurs travailleurs) vont devoir apprendre la programmation pour conserver leur emploi. Ils doivent tout au plus entrer dans la culture numérique (littérature numérique et logique algorithmique) nécessaire à l'épanouissement citoyen (cf. enjeu 1).

En effet, des études de cas menées par l’Agence du Numérique dans quelques entreprises qui ont emprunté le chemin de l’Industrie 4.0 et ont transformé en profondeur tant les produits et services qu’elles proposent que les process (de fonctionnement interne, de fabrication, de vente…) indiquent que "Non, tous les salariés ne vont pas devoir se former à la programmation informatique pour garder leur emploi". En effet, les robots, les cobots (robots collaboratifs), et plus largement l’automatisation et la digitalisation des process, ne rentrent dans l’entreprise que si ou lorsqu'ils facilitent effectivement le travail. "Tant qu’ils sont une source potentielle de problèmes, il reste dehors ! " (Pierre-Yves Guidi, Operations Director BEA).

https://twitter.com/pbalancier/status/1049199371148038144

En fait, les compétences attendues de la part des travailleurs sont de plus en plus transversales! Les compétences transversales (ou soft skills) ne remplacent pas les compétences métiers, mais viennent s’y ajouter (savoir communiquer, collaborer, etc.). En outre, au-delà de ces savoir-faire plutôt techniques, émerge un intérêt pour les savoir-faire comportementaux, voire des profils de savoir-être: curiosité, créativité, attitude face au changement, capacité d’adaptation, capacité d’apprendre à apprendre, etc. Si cette dernière tendance ne se traduit pas encore dans l’offre de formation, bien que les formations intégrant la dimension "apprendre à apprendre" se développent, elle est déjà visible dans le recrutement où la préférence s’affirme de plus en plus pour les profils aventuriers, curieux, non effrayés par le changement, voire même à la recherche de challenges.

Découvrez:

Des compétences IT toujours plus high level

Par contre, les fournisseurs de produits et services informatiques sont confrontés à un véritable appel d’air pour des profils toujours plus high level, capables de développer des solutions toujours plus "smart", efficaces, intégrées et faciles à prendre en main.

A cette exigence, s'ajoute également le besoin vers plus de transversalité avec des profils capables de traduire les besoins de divers secteurs en langage informatique  (business analyst ou technology analyst), capables également de bien communiquer/collaborer avec leurs partenaires et clients, capables enfin d'être créatifs en imaginant par exemple de nouveaux usages à des technologies existantes (ex: drônes, IoT, etc.).

#CQFD

S'il y a bien un appel vers des profils IT toujours plus spécialisés dans le secteur technologique, ce sont bien les compétences transversales (incluant l'acculturation au numérique) qui priment dans la plupart des métiers qui sont impactés de manière transversales par le numérique. Cette distinction marque la différence entre profil "utilisateur" de technologies (toujours plus intégrées et faciles à prendre en main) et profil "développeur" chargés de fournir des solutions toujours plus "smart".

Des "compétences numériques pour tous" pour les "utilisateurs" avec le référentiel européen DigComp 2.1 et des compétences informatiques spécialisées pour les développeurs/intégrateur du secteur IT avec le référentiel européen e-CF 3.0.

Les nouveaux modes d’apprentissage

Ces changements de fond relatifs aux contenus de formation doivent s’accompagner de changements de forme quant aux modalités de formation, afin de s’adapter à l’évolution des modes de consommation de l’information et partant des modes d’apprentissage. Loin des clichés sur les digital natives (voir la note ci-dessous), ces évolutions touchent toutes les générations, gagnées par le réflexe du zapping, l'habitude d'accéder toujours plus rapidement à une information toujours plus facile à consommer ou encore la recherche de satisfaction immédiate. Cette évolution appelle un changement de paradigme et de posture de l’enseignant ou du formateur, qui n’est plus celui qui sait et qui transmet à des apprenants dociles et passifs mais celui qui accompagne le processus d’apprentissage, qui crée les conditions de l’apprentissage, qui développe les potentiels, nourrit, challenge, encourage…

Les acteurs concernés le savent bien (Universités, Hautes écoles, opérateurs de formation professionnelle, etc.), ils doivent désormais être capables de mettre en place de manière beaucoup plus agile et rapide (cycle court) les formations modulaires qui répondent aux besoins et enjeux actuels.

NB: Les Digital natives n’existent pas !

Les digital natives n’existent pas ! Du moins, s’il existe bien des différences entre générations, ce n’est pas la composante numérique, mais des facteurs socio-culturels classiques qui les expliquent. Le fait d’être né dans un environnement numérique ne leur confère pas de super pouvoir ! Au contraire, ils méconnaissent et sous-exploitent souvent les outils qu’ils semblent pourtant utiliser avec aisance et intuitivité. Ils en font surtout un usage privé, personnel et ludique. Sans parler de la proportion non négligeable de jeunes qui n’aime pas les technologies et en font un signe de différenciation… Mais puisqu’une majorité de jeunes se revendiquent de cette expression alors pourquoi pas l’adopter…Si les différences inter-générationnelles sont bien réelles, elles sont surtout d’ordre valoriel. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont par exemple pas le même rapport au travail ou à l’argent que les générations qui les précèdent. Les recruteurs et les départements RH le savent bien ! Ils ont besoin d’un travail qui fasse sens pour eux et qui rencontre leur propres aspirations. Ils sont capables de changer plusieurs fois de travail tant qu’ils n’ont pas trouvé le terreau de leur épanouissement. Ils est très difficile de les intéresser et de les stabiliser. L’argent, les perspectives d’avancement ou les avantages en nature pèsent peu dans leur choix. Mais quand les conditions sont réunies leur implication est totale.Moins "formatés" que les générations qui les précèdent, ils éprouvent également des difficultés à se projeter dans des processus long termes et ont besoin de la satisfaction régulière d’atteindre des objectifs intermédiaires (achievement). Ce dernier point explique pourquoi ils sont de moins en moins motivés à s’inscrire dans un cursus de formation long et décontextualisé et pourquoi les Universités, Hautes écoles et centres de formation mettent en place des parcours modulaires, gamifiées avec des systèmes de récompenses, dans lesquels les productions personnelles et la satisfaction (ou non, l’échec n’étant qu’une modalité, un feedback invitant à persévérer… comme dans les jeux vidéo) qui l’accompagne est centrale...

Notons enfin que, petit à petit, toutes les générations finissent par coloniser les outils numériques (même si les plus anciennes procèdent de manière analytique via lecture du mode d’emploi plutôt que par essai-erreur), à s’adonner aux joies des likes et à apprendre ce que l’on peut faire ou ne pas faire sur les réseaux sociaux. Toutes les générations sont finalement touchées par cette culture du zapping et ce besoin d’instantanéité dans la communication ou la recherche d’information.

Enjeu 5 : Favoriser la mise ou la remise à l’emploi grâce aux compétences numériques

Il s’agit d’une déclinaison de l'enjeu précédent mais centrée sur les demandeurs d'emploi et les NEET (Not in Education, Employment or Training), ces jeunes qui ne sont plus à l'école, pas encore au travail, ni en formation. D’après l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS): "En Wallonie, en 2016, 16,4 % des 18-24 ans ne sont ni à l’emploi et ne suivent ni enseignement, ni formation". C’est ici que les dispositifs les plus innovants pédagogiquement sont expérimentés (ex : Play-Zone et MakersLab de Technobel, déclinaisons de l’Ecole 42, [profiles type="single" slug="becode" display="link"]BeCode[/profiles], etc.).

Enjeu 6 : Lutter contre la fracture numérique

Il s’agit d’un sous-enjeu de l’enjeu 1 (faire entrer tous les citoyens dans la culture numérique), avec un focus sur la lutte contre la fracture numérique qui ne caractérise plus tant en termes d’accès (fracture de 1er niveau) qu’en matière d’usage ou de compétences à utiliser de manière pertinente les ressources numériques et d'en extraire le potentiel (fracture de second niveau). Le [profiles type="single" slug="pmtic" display="link"]PMTIC[/profiles] (Plan Mobilisateur TIC) et le réseau [profiles type="single" slug="epn-de-wallonie" display="link"]EPN[/profiles] (Espace Public Numérique) sont les deux principales réponses de la Wallonie à cette problématique et font l’objet d’évolutions et d’adaptations régulières. Réservé aux demandeurs d’emploi, le PMTIC mériterait cependant d’être ouvert à tous les citoyens dans le cadre d’un accompagnement en EPN.

Enjeu 7 : S'adosser au référentiel européen DigComp

Le référentiel européen DigComp balise la gradation des compétences numériques à acquérir, des niveaux les plus basiques aux compétences les plus élevées.

Il existe plusieurs déclinaisons du référentiel DigComp :

  • la version DigComp 2.1, présentée dans l'infographie ci-dessous, relative aux compétences numériques des citoyens;
  • DigCompEdu, pour les enseignants;
  • DigCompOrg, pour les organisations.

Les acteurs de l'éducation (FWB) et de la formation (Forem et Centres de compétence) en Belgique francophone partagent une vision commune visant à mettre en place un dispositif permettant d'évaluer les compétences numériques des citoyens, qu'ils soient élèves, étudiants, enseignants, salariés, indépendants, demandeurs d'emploi, etc., afin de mieux orienter leur développement de compétences et de mettre en place une offre de formation agile et modulaire centrée sur les besoins réels !

Ainsi, via mon profil, Le Forem permet déjà à tout citoyen qui le souhaite de tester ses compétences numériques via quelques-uns des outils listés ci-dessous.

Relevé (non exhaustif) des acteurs et initiatives


Evaluer les compétences numériques

De nombreux outils d'évaluation sont déjà disponibles:

  • Europass CV : test citoyen d’auto-positionnement (sur base déclarative), basé sur DigComp 2.0;
  • PIX: véritable outil d'évaluation, basé sur DigComp 2.1, et développé par le Ministère Français de l’Education Nationale à destination des élèves de l'enseignement secondaire (accessible gratuitement);
  • SELPHIE: outil dédié aux organisations d'enseignement et basé sur DigCompOrg;
  • Les Tests TOSA, également alignés sur DigComp, notamment le test généraliste TOSA Digital;
  • Les Tests ENI, également alignés sur DigComp, ENI numérique;
  • Tanu;
  • Digital Duel (SPF Economie);
  • Safeonweb.be, testez votre santé digitale;
  • CEPIS pour les compétences informatiques du secteur IT et son référentiel e-CF 3.0;
  • etc.

Développer les compétences numériques:

Compétences numériques des jeunes:

  • évaluer les compétences numériques avec PIX;
  • s'initier aux sciences informatiques, à la logique algorithmique et aux langages de programmation,
  • soigner son identité numérique avec les acteurs et initiatives en matière d'éducation aux médias;
  • divers:

Compétences numériques des enseignants pour enseigner:

Compétences numériques des demandeurs d'emploi:

  • niveau élémentaire:
  • niveau indépendant:
  • niveau expérimenté :

Compétences numériques des travailleurs et indépendants:

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