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Publié le 21 décembre 2018

Avocat et Digital Wallonia Champion, Stanislas van Wassenhove est mandaté par Avocats.be pour sensibiliser et accélérer la transformation numérique de ses pairs. La LegalTech est, pour lui, une opportunité à saisir par les Avocats. Reste à adapter leurs services aux attentes des clients.

Les avocats constituent, sans nul doute, une des dernières professions à prendre conscience de l’impact de la révolution numérique sur leurs activités et leur futur.

Les nouvelles technologies se sont déjà massivement développées dans le domaine du droit : logiciels de gestion de la facturation, numérisation des documents, bases de données, GED, CRM, etc.  De nouveaux outils apparaissent destinés à optimiser, entre autres, la communication, la collaboration ou la recherche, tant en interne qu’en externe (extranet, visioconférence, plateforme collaborative). L’intelligence artificielle permet le développement de services à la fois rapides et efficaces dans le domaine de la connaissance, de la production automatisée de documents, du référencement d’avocats ou de services juridiques, de la prospective des décisions judiciaires, ou encore de la gestion de projets. "On rentre dans une économie en sablier où la faible valeur ajoutée doit être traitée au coût le plus bas en ayant une approche plus industrielle via des process et la technologie et avoir un capital humain, donc ici des juristes, qui se concentre sur la forte valeur ajoutée",  Olivier Chaduteau (Day One).

On le voit, la révolution numérique n’est pas un big bang mais un changement qui peu à peu transforme notre économie, nos relations sociales, ainsi que les professions juridiques.

Les LegalTech accélèrent le changement


L'innovation disruptive des legalTech ouvre les portes à des services juridiques de proximité par l’automatisation du service, la réduction des coûts et la mise à disposition gratuite de la connaissance. Elles vont pousser les acteurs juridiques à externaliser des tâches à valeur ajoutée trop faible ou encore à revoir leur structure de coûts.

En effet, nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, particuliers ou PME, se passent d’un avocat ou d’un juriste pour s’informer, réaliser des actes juridiques simples ou des contrats mais aussi porter une affaire devant la justice. Accessibles 24h/24h, simples d’utilisation, avec un service rendu immédiat, des explications claires et intelligibles, une transparence sur les prix, ces nouveaux acteurs séduisent de plus en plus d’utilisateurs.

Avec des tarifs bien en deçà de ceux pratiqués par les professionnels du droit, les legalTechs contribuent à démocratiser le droit et la justice. Ces nouveaux entrants vont augmenter la taille du marché du droit en créant de nouveaux besoins ou en répondant à des besoins non satisfaits (petits litiges, services en ligne, etc.).

Gare à l'ubérisation de la profession


Le marché du droit a donc entamé sa mue. Il semble tenté par un mouvement dit "d’ubérisation". Une part de la valeur de la prestation juridique pourrait passer des mains de l’avocat à celles d'intermédiaires et prestataires non réglementés, plus efficaces en marketing et création de services.

Les professions juridiques ont tardé à développer leur présence en ligne, ainsi qu’à adapter leurs services aux particularités de la vente sur internet. Les entrepreneurs ont su tirer parti de cette faille en se spécialisant dans la mise en place de plateformes permettant aux avocats d’acquérir une clientèle par le biais d’autres canaux. Les avocats et le monde de la justice doivent donc rapidement s’organiser pour développer une vision nouvelle de leur valeur ajoutée et utiliser ces nouveaux outils numériques pour offrir un service plus agile à leurs clients.

Comment réagir face à ce mouvement ? Non par la peur ou la résistance, mais en développant une vision prospective et en se recentrant sur la plus-value de l’avocat. Celle-ci repose sur le capital confiance que la profession véhicule avec ses valeurs essentielles d’indépendance et du secret professionnel. A cela s’ajoutent des compétences et des expertises pointues (savoir-faire) lesquelles devraient se combiner avec une attitude bienveillante d’écoute, de collaboration et de communication (savoir-être). C’est sur ces  bases que la profession doit se réinventer. Tous les avocats sont concernés. Ils doivent être aidés à franchir cette étape et à utiliser les nouveaux outils pour construire leur avenir sereinement.

Sensibiliser et accompagner les professions juridiques


A l'instar des autres secteurs, la transformation numérique des professions juridiques doit être suscitée et accompagnée.

L'Ordre des barreaux francophones et germanophone (AVOCATS.BE) organise, depuis 2016, une conférence de sensibilisation : l’Electrochoc numérique des avocats. Plusieurs centaines d’avocats y découvrent chaque année des conseils et des témoignages d'avocats innovants ciblés sur plusieurs thématiques telles que la réponse à donner aux nouvelles attentes des clients, la notation des avocats, les critères de choix d'un logiciel métier, les bases de données de la connaissance, l’impact de l’intelligence artificielle, etc. Depuis deux ans, l’Incubateur d’Avocats.be récompense l’innovation d'un avocat et d'une LegalTech. C'est aussi l'occasion de faire du réseautage et de développer de nouveaux partenariats.

Cette démarche n'est pas le fait isolé des avocats. Elle touche tous les acteurs de la Justice. La Belgique a pris du retard. La Justice est en papier. Les communications se font pour la plupart par courrier. Les agendas ne sont pas en ligne. Les magistrats détiennent un matériel informatique obsolète. Fort de ce constat, Avocats.be et l’OVB ont lancé le projet Digital Platform Attorney (DPA) pour numériser les communications entre avocats et tribunaux.

"Nous devons être des acteurs de l’informatisation de la Justice et prendre nos responsabilités. En sachant que les caisses de l’État sont vides, si nous ne bougeons pas, la Justice, en Belgique, restera ce qu’elle est : une Justice en papier. Ce qui a manqué à la Justice jusqu’à présent, c’est une administration forte et une vision"  Jean-Pierre Buyle, Président d’Avocats.be.

Les projets ne manquent pas. Parmi ceux-ci, un programme d'accompagnement à la transformation des cabinets d'avocats qui sera lancé en 2019 et une étude sur l'exercice du métier d'avocat dans un centre de coworking. Il ressort de cette étude, soutenue par Digital Wallonia, que cette nouvelle manière de partager les espaces, de mutualiser les coûts, de travailler ensemble est un vecteur de professionnalisation et de synergies.

Plus d'info : Le coworking, une solution pour l’avocat du futur ?

Ecosystème Legaltech


Initiatives et acteurs impliqués dans la transformation numérique des services juridiques : justice prédictive, gestion des cabinets d’avocats, plateformes, intelligence artificielle, registre jurisprudence en ligne, etc.

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