La Wallonie va soutenir 500 projets numériques dans les écoles

La Wallonie va soutenir 500 projets numériques dans les écoles

Le nouvel appel à projets publié par la Wallonie au profit des écoles fondamentales et secondaires veut promouvoir la multiplication des usages du numérique en classe pour dynamiser toutes les disciplines mais aussi pour encourager l’apprentissage des concepts et méthodes de la science du numérique

Un important appel à projets vient d’être ouvert à l’ensemble des établissements scolaires implantés en Wallonie qui organisent de l’enseignement maternel, primaire ou secondaire, qu’il soit ordinaire ou spécialisé et de plein exercice ou de promotion sociale. Les catégories pédagogiques des Hautes Ecoles, les départements de pédagogie des universités et les CAP de promotion sociale sont également éligibles, à condition de coopérer avec des établissements du fondamental et du secondaire. Les 500 équipes éducatives ayant déposé les projets les plus convaincants seront alors dotées par le Service Public de Wallonie des équipements nécessaires à la mise en oeuvre de ces projets, à concurrence d’un montant pouvant atteindre 15.000 euros par équipe.

Prolongeant les appels à projets lancés en 2011, 2012 puis 2014 qui avaient déjà soutenu 28 puis 72 et enfin 200 projets pilotes, ce nouvel appel concrétise l’une des mesures de la stratégie Digital Wallonia par un déploiement plus systématique des ressources numériques dans les écoles qui se prolongera les trois années suivantes pour atteindre 2.000 projets en 4 ans.

Les modalités de cet appel ont été précisées par la circulaire conjointe n°5973 des Gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles du 1er décembre 2016. Les projets doivent être introduits pour le 15 février 2017 par voie électronique via le formulaire en ligne du site Ecole Numérique.

Un dispositif à plusieurs facettes

Les objectifs de cet appel à projets visent bien entendu le renforcement de l’usage des technologies numériques pour faciliter et dynamiser l’ensemble des apprentissages : langue maternelle, langues étrangères, mathématiques, sciences, etc.

De plus, le nouvel appel à projets vise cette fois explicitement l’apprentissage du numérique en tant que corpus de savoirs et de compétences indispensables au développement de la personne et de la société au XXIe siècle. Il s’agira donc de développer la capacité à utiliser les technologies numériques au quotidien de façon efficiente, raisonnée et sécurisée (littératie numérique) mais aussi de découvrir les concepts qui fondent ces technologies et en particulier l’algorithmique et le codage.

De plus, les besoins des écoles sont diversifiés et les niveaux de maîtrise du numérique par les équipes éducatives le sont tout autant. Aussi, loin de l’approche uniforme qui avait guidé les programmes Cyber-Ecoles et Cyber-Classes, le nouvel appel à projets propose trois catégories de projets :

  • Les projets « tandems » associeront une équipe académique issue d’une haute école, d’une université ou d’un CAP avec au moins deux équipes d’établissements de l’enseignement fondamental ou secondaire avec l’objectif de produire et d’expérimenter des ressources pédagogiques numériques dans le cadre d’une recherche-action. Le partenaire académique trouvera ainsi dans les écoles un lien d’expérimentation pour ses productions tandis que les équipes de ces dernières pourront être accompagnées dans leurs premières démarches de mise en oeuvre du numérique en classe.
  • Les projets « autonomes », qui peuvent concerner une seule équipe éducative ou en rassembler plusieurs autour d’un projet commun, permettront à ces enseignants d’exploiter les outils numériques mis à leur disposition au profit des objectifs qu’ils choisiront librement parmi l’ensemble des référentiels de compétences applicables à leurs élèves.
  • Les projets « spécifiques » ont la vocation d’explorer des pistes technologiques novatrices en mettant en oeuvre des équipements encore peu usités et ne faisant pas partie des packages d’équipements standard proposés aux deux premières catégories de projets.  Le nombre de ces projets « spécifiques » sera évidemment limité et leurs auteurs devront avancer une argumentation solide pour expliciter les bénéfices pédagogiques escomptés. A travers ces projets, le dispositif se donne ainsi le moyen de préparer les vagues ultérieures en expérimentant dès aujourd’hui des technologies qui sont peut-être appelées à se généraliser dans le futur.

Des équipements diversifiés pour répondre à tous les besoins

Pour offrir une large autonomie de choix et pour coller au plus près aux besoins en équipements des écoles participantes, 16 packages d’équipements standardisés sont proposés et peuvent être combinés entre eux, à concurrence d’un certain « capital-points » qui sera attribué à tout projet lauréat de l’appel.

Ainsi, par exemple, une équipe pourra se doter d’une malle de 12 tablettes Android et d’un point d’accès WiFi, pouvant être partagé par 3 classes, avec pour chacune un projecteur fixe, et compléter ces éléments par un ordinateur portable 15″ et une valisette de mini-robots « Thymio ». Cet ensemble permettra donc à plusieurs enseignants de mettre en oeuvre les combinaisons d’outils les plus adéquats pour faire travailler les élèves en autonomie avec les tablettes ou en groupe devant l’image projetée. Les robots seront, quant à eux, l’occasion de découvrir de façon presque ludique les principes de la programmation, et cela dès le début du fondamental. Bien d’autres combinaisons sont possibles.

En complément de l’équipement et pour favoriser la prise en main de celui-ci et le développement des activités intégrant ces outils numériques, les communautés affecteront aussi 2 périodes professeur pendant un an à l’enseignant qui pilotera le projet. Celui-ci pourra ainsi plus facilement participer à des formations et coordonner l’équipe éducative bénéficiaire du projet.

Du temps et de l’aide pour introduire les projets

Les appels à projets pilotes antérieurs ont montré qu’il est indispensable de donner suffisamment de temps aux écoles pour rédiger les projets et qu’un support est souvent nécessaire pour que ces projets puissent gagner en qualité et en précision. Aussi, la durée d’ouverture de l’appel a été portée à deux mois et demi, tandis qu’une série de réunions d’information seront organisées pour les enseignants, principalement à Namur mais aussi en décentralisation à Liège et Mons.

De plus, un livre inspirant « Ecole numérique en actions » a été publié et diffusé par le SPW en rassemblant une cinquantaine de réalisations issues du précédent appel à projets école numérique. Enfin, tant les conseillers du SPW que de l’Administration Générale de l’Enseignement (AGE) peuvent être contactés via le site www.ecolenumerique.be pour répondre à toutes les questions des porteurs de projets.