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Publié le 15 février 2019

Basé à Montréal, Michel Bricteux oeuvre au rayonnement du secteur du numérique wallon sur le marché québécois et canadien. Découvrez son parcours et son action au sein du projet Digital Wallonia International.

Bonjour Michel, peux-tu te présenter en quelques mots pour Digital Wallonia?

Je pense faire partie de ces baby boomers qui ont rapidement adopté les nouvelles technologies au début des années quatre-vingt. Par intérêt personnel et curiosité, d’abord; par nécessité, ensuite. J’ai ainsi introduit le premier ordinateur tout à fait personnel – un Toshiba pourvu d’un disque dur de 20 megabytes! -  au sein de l’ambassade de Belgique à Harare : une révolution à l’époque…  La suite du parcours est celle d’un early adopter et d’un touche-à-tout que la nouveauté technologique ne laisse pas indifférent. Une curiosité qui ne s’est pas démentie au fil de mes séjours en Afrique australe (Zimbabwe et RSA), aux États-Unis (Atlanta), en Europe (Madrid) et aujourd’hui au Canada (Montréal).

Et Montréal alors?

C’est en 2018 que le poste AWEX en métropole québécoise rejoint le réseau des Hubs Digital Wallonia. Depuis quelques années déjà, Montréal se bâtit une réputation solide dans les domaines numériques, qu’il s’agisse des jeux vidéos et des effets spéciaux (avec la présence du groupe UBISOFT), des réalités virtuelle et augmentée, de l’enseignement et du commerce en ligne, de la santé numérique, des villes intelligentes ou encore des fintechs.  Sans oublier la transversalité de l’intelligence artificielle (laboratoire du MILA) et ses multiples applications dans les secteurs qui précèdent.  Nous sommes donc au cœur d’un écosystème extrêmement dense et qui se caractérise par une grande vitalité : l’entreprise - qu’elle soit start-up, PME ou encore multinationale – maintient des liens très étroits avec les centres de recherche, les universités, les clusters et toutes les initiatives qui assurent le partage d’expérience et d’information.

Le fait d’avoir le français en partage constitue, pour nos acteurs numériques, un avantage certes non-négligeable mais tout aussi non-suffisant : au-delà de la langue, c’est bien sûr toute une culture  qui nous rapproche de nos cousins d’Amérique du Nord. Mais si les Belges francophones retrouvent au Québec le pragmatisme, l’agilité et le sens de l’accueil qui nous caractérisent, l’erreur serait cependant d’en déduire qu’en affaires, aussi, nous parlons le même langage! Au Québec, comme ailleurs au Canada, n’oublions jamais que nous traitons avec des Nord-Américains et que l’approche commerciale l’est tout autant.

Un hub Digital Wallon à Montréal : pour quoi faire ?

La densité du tissu numérique montréalais aurait suffi à justifier la désignation de Montréal comme Hub numérique. Mais il y a plus : la culture bien ancrée du partage d’expérience, si chère aux Québécois, offre  à nos entreprises des opportunités à ne pas ignorer; pour les saisir, et afin de garder le pouls sur cette vitalité, une présence permanente, capillaire et focalisée, s’avère indispensable.  Au travers de partenariats stratégiques (p.ex : le Quartier de l’innovation), de multiples réseautages, ou encore grâce à la présence à nos côtés d’Adrien Sellez, l’Agent de Liaison scientifique (ALS WBI), notre immersion  constante dans ce vivier nous permet aujourd’hui d’appuyer les efforts de prospection de nos acteurs numériques, avec efficacité et pertinence.

Nos bureaux montréalais servent ainsi de base opérationnelle et de conseil à un certain nombre d’opérateurs wallons prêts à consacrer au marché québécois (et canadien) le temps et l’attention qu’il mérite. Un espace de travail leur est d’ailleurs spécialement dédié.

Pour le reste, nos efforts se centrent également sur la promotion de notre savoir-faire technologique dans la Belle Province.

Des exemples d'actions pour favoriser le rayonnement du secteur du numérique wallon à l’international? 

Je ne m’étendrai pas sur l’appui fourni aux entreprises numériques wallonnes dans leur approche du marché québécois : elles constituent d’ailleurs aujourd’hui une grande part de notre « clientèle » habituelle.

Je citerai par contre notre stratégie ciblée (crossmarkets) de rencontre de nos partenaires québécois dans le cadre de nos participations respectives à des manifestations internationales de première importance dans des pays tiers et où nous sommes tous deux présents : le CES à Las Vegas, le festival South by Southwest à Austin, Tx, d’autres à venir.  L’idée est de profiter de la présence des Québécois sur ces grands événements pour faciliter les contacts avec nos entreprises participantes et renforcer les liens avec nos interlocuteurs canadiens, dans une perspective commerciale et d’attraction de l’investissement. Et c’est là que la notion de réseau entre Digital Hubs prend tout son sens : à titre d’exemple, nos efforts déployés sur le sol québécois en matière de villes intelligentes trouvent naturellement leur écho sur le continent européen, lorsque notre Hub de Barcelone prend l’initiative de retrouver les acteurs québécois sur le salon Smart City auquel ils participent également. Un effet multiplicateur qui permet de faire plus, avec des moyens identiques. Une agilité que d’aucuns nous envient.

Je parlerai également du partenariat déjà évoqué avec le Quartier de l’Innovation, ce territoire d’expérimentation de calibre international de 3 km² au cœur de Montréal. Le QI est aujourd’hui lié à l’AWEX par une convention qui prévoit que l’ALS WBI y dispose d’un bureau et que l’accent soit mis sur l’accueil et l’accompagnement de start-ups des deux côtés de l’Atlantique. Un outil qui nous permet une plongée directe et en profondeur dans l’écosystème innovant de Montréal, notamment dans le Laboratoire à Ciel ouvert de la Vie intelligente.

Je parlerai enfin de nos participations aux différents groupements à vocation technologique que sont l’Association québécoise des Technologies (AQT), Technopolys, le Printemps numérique et bien d’autre lieux d’échange et de réseautage mis à la disposition de nos partenaires wallons.

Enfin, quels conseils donnerais-tu aux entreprises wallonnes qui souhaitent se lancer ou étendre leur activité sur ce marché ? 

Le premier conseil que je donnerais aux entreprises et start-ups intéressées par le marché québécois est celui d’une immersion totale et décomplexée dans l’écosystème : des pistes ne tarderont pas apparaître, des interlocuteurs pertinents vous consacreront le temps nécessaire à valider votre projet ou votre proposition. Les opportunités de réseautage ne manquent pas, alors profitez-en !

Mais demeurez également vigilant et centré sur votre propos! Ne vous laissez pas trop impressionner par l’enthousiasme souvent débordant des Québécois, qui cultivent l’art de la séduction bienveillante et un talent consommé pour l’auto-promotion.

La place importante qu’occupent les universités et les centres de recherche dans le processus industriel et technologique leur confère un rôle quasi incontournable : ne boudez pas votre plaisir, le savoir est plus accessible que vous ne le pensez !

S’agissant du savoir, n’hésitez pas à partager le vôtre : vous serez étonné de la générosité avec laquelle vos interlocuteurs partageront en retour.

Si l’hiver, souvent rude, frappe la Belle Province durant au moins 5 mois par an, l’activité, elle, ne faiblit nullement : point de répit, dès lors, pour ces Québécois aguerris aux températures polaires. L’hibernation, c’est avant tout une affaire d’ours !

En matière numérique, Montréal, de par son statut de métropole économique, occupe une place centrale; mais le rôle joué par Québec City (250km plus au nord) est loin d’être négligeable, avec des initiatives telles que le Web à Québec (WAQ).  C’est facile, le Saint-Laurent vous y mène !

Enfin, l’AWEX a conclu un partenariat avec le Quartier de l’Innovation (voir plus haut), ce qui fait de ce dernier le deuxième jalon dans la découverte de ce marché.

Le deuxième, dites-vous? Oui, le premier étant l’accueil que vous réservera l’équipe du [profiles type="single" slug="digital-wallonia-montreal" display="link"]Hub Digital Wallonia Montréal[/profiles] : nous disposons de locaux à même de vous accueillir et de poser vos selles et vos bottes pour les quelques jours qui suivent votre arrivée en sol québécois.

A bon entendeur, salut!

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